Dossier de presse 1982

Wondeur Brass, Vue Aérienne ’82, 1982
Dimanche-Matin, Montréal, 12 Septembre 1982
Wondeur Brass, Elles ont du coffre

Wondeur Brass, jeu de mots ou calembour, peu importe, trois volets trouvent le moyen de s’y insérer. D’abord la marque de fabrication d’un soutien-gorge, ensuite  » Wonder Woman  » et puis finalement  » brass  » pour la désignation d’une section de cuivre.
Or, à l’origine, voilà deux ans, Wondeur Brass était une section de cuivre composée de 9 membres féminins qui véhiculaient aussi certains clichés féministes dans le cadre d’une musicothérapie vaguement théâtrale. Maintenant l’aspect théâtral a été retranché en même temps que deux membres ne laissant plus place qu’à un groupe de sept musiciennes.
Voulant de moins en moins opérer dans la marginalité underground où elles baignaient voilà deux ans, le groupe s’est enfin doté d’un outil indispensable pour convaincre les foules de la pertinenece de leur efforts : un 45-tours. Vaguement nouvelle vague sur le plan musical, de la génération de  » Pied de Poule « , cette véritable création collective pleine d’imagination, de flash et de jamais-vu entend devenir une locomotive plutôt qu’un simple wagon où montent et descendent les initiés. Wondeur Brass appuiera cette volonté par sa présence au Zoo Bar dès le mois d’octobre.

 

La Presse, Montréal, jeudi 7 octobre 1982
par Pierre Beaulieu
Arts et spectacles
Variétés

–Disons enfin que le groupe Wondeur Brass, composé de sept femmes, auteurs, compositeurs, interprètes et musiciennes, vient de produire un 45-tours, Parano,
que l’on pourra entre autres se procurer à la sortie de chacun de leur spectacles.
Wondeur Brass n’est pas une fanfare, disons-le tout de suite, interprète du rock, du jazz, une musique difficilement étiquetable, originale, dont le son nous permet de les reconnaître facilement, des tounes qui devraient bientôt tourner à la radio, si vous voulez mon avis.
On peut d’ailleurs voir Wondeur Brass en spectacle, jusqu’à dimanche, au Zoobar de la rue Sainte-Catherine.

 

Le Journal De Montréal, samedi 9 octobre 1982.
Par Manon Guilbert
WONDEUR BRASS : UN BIG BAND QUI SE FOUT DES CONVENTIONS

Sept filles, musiciennes. Des trompettes, des bassons, une batterie, une guitare basse, un piano. Le Wondeur Brass. Un nom qui fait sourire et une formation tout à fait inusitée qui s’amuse et tente d’amuser les autres, le public. Depuis deux ans, à neuf au départ, le Wondeur Brass a relevé le défi du  » Big Band  » pendant que les groupes traditionnels de rock’n’roll essaient de réduire au plus petit nombre leurs effectifs.
Obéissant à un mode de fonctionnement démocratique, reconnaissant les affinités de l’une ou de l’autre, elles ont décidé un beau jour de mettre au monde leur fantaisie créatrice.  » Sept filles, ensembles, racontent-elles, c’est sûrement comme sept gars ensemble. La seule différence c’est peur-être que nous y mettons plus d’émotions. Il y a celles qui sont plus difficiles à prendre mais aussi celles qui nous stimulent toutes « . C’est à l’occasion d’une fête bénéfice à laquelle participaient plusieurs groupes de musiciens que le Wondeur Brass original s’est formé.  » Nous jouions toutes dans différents orchestres. Nous avons décidés de faire un bout de chemin ensemble « .
 » Nous ne sommes pas une fanfare, de plus en plus nous allons vers le rock. Nous ne sommes pas pourtant un groupe rock conventionnel. Nous essayons beaucoup de choses. Pour nous C’est un aboutissement « . Au départ elles se sont attardées davantage à différentes interprétations. Petit à petit, elles ont eu l’envie de créer leur propre répertoire. Depuis un an, elles ne font que leurs pièces.  » On a délaissé le premier style pour exploiter davantage la batterie et la guitare électrique. Là, on est vraiment orientées vers une place à prendre « .
Autodidactes, elles ont out appris leurs instruments en jouant. La pianiste, Diane Labrosse fait exception.  » Je sais lire la musique, mais tout ce que j’ai appris se limite au classique « . Pour elles, le fait d’apprendre en jouant leur donne plus de liberté.  » Évidemment, nous savons éviter la confusion totale. C’est sûr tout le monde a le goût de jouer. Il faut tout de même se limiter. Mais on ne se fie jamais à des recettes établies.
Elles sont sept à respecter des engagements de spectacles, à répéter, à inventer. Des conflits d’horaires? Elles n’en ont pas vraiment, parce qu’elles tiennent à Wondeur Brass comme d’autres à leur petit verre de vin rouge au repas.  » Nous n’en vivons pas. Le groupe réussit à faire ses frais. Le travail parallèle, ce n’est pas si difficile. Si on faisait seulement notre petit travail quotidien, il nous manquerait quelque chose. Wondeur Brass c’est la création, le côté intellectuel abstrait. Ça fait un équilibre. Nous ne pourrions vivre uniquement dans l’un ou dans l’autre « .
Bien des gens les qualifient de  » flyées « , mais beaucoup d’autres apprécient que leur musique ne suivent pas les  » patterns « .  » On s’adresse à tout le monde. De plus en plus, les gens tentent de comprendre le jazz. Nous avons une histoire musicale de chansonniers et de rock’n’roll importé. C’est normal qu’on nous voit comme des marginales. Mais de plus en Nous préférons de beaucoup l’exploration « .plus il y aura de la place pour ce genre de musique « .

 


Québec, Le Soleil, samedi 16 Octobre 1982
Par Pierre Boulet
Wondeur Brass : un son nymphonique et sauvage!

Elles sont sept musiciennes, déterminées et inventives. Wondeur Brass. Un nom cuivré comme la musique qu’elles font. Depuis deux ans, elles bûchent tranquillement leur place à Montréal. Et voici qu’elles débordent soudain partout au Québec. Elles arrivent avec un son nouveau. Forgé à partir d’un amalgame d’influences aussi diverses qu’originales. Quelque part entre le new wave, le jazz et la fanfare. Le son Wondeur Brass. Une musique nymphonique et sauvage, comme elles disent.
Un son nouveau, ça se reçoit comme du bonbon. Surtout quand on cannait la pâleur anémique qui colle au visage de la musique québécoise depuis quelques années. Un courant d’air frais dans une atmosphère tiède et normalisée. Un pont entre le  » hit  » commercial potentiel et la folie créatrice,
énergique et insoumise. Ce nouveau souffle nous arrive gravé dans les sillons d’un 45 tours. Le premier.
C’est d’ailleurs la tournée de promotion de cette ponte discographique qui nous a valu, mercredi, la visite du groupe.
Un seul spectacle-tout en punch et en délire- sur la scène du Shoeclack. Et une interview. Sur un coin de table au restaurant, entre deux étapes d’un blitz radiophonique apparemment fructueux, Ginette Bergeron (saxo ténor) et Claude Hamel (trompettiste) déballent deux années d’aventure. De démarche puisque c’en est une.
LA VIE DE QUARTIER
Toile de fond de départ : le plateau Mont-Royal, à Montréal. Une rencontre née du phénomène de la vie de quartier. Chacune de son côté, les filles travaillaient dans divers groupes, axés pur la plupart sur la musique et l’expression dramatique, avec un accent sur l’animation du quartier. Des noms qui nourrissent encore leur écho : l’Enfant-fort, le Pouet Pouet Band, l’Arcenson, Trois et Sept le numéro magique, et Mona Lisa Klaxon, venu de France.
Puis, à l’automne 1980, la Librairie des Femmes organise une fête bénéfice. Un lieu de rencontre, un prétexte, qui donnera naissance au Wondeur Brass première manière. Neuf femmes-presque un  » Big Band « – intégrant la musique et le théâtre. Depuis le groupe est passé à sept musiciennes et a délaissé l’intervention purement théâtrale.
En deux ans elles ont fignolé leur produit, passant du  » tout croche  » sympathique et tolérable à la tentation du raffinement professionnel. Le contenu du disque et la qualité-parfois inégale- du spectacle témoignent du chemin parcouru.
Aujourd’hui, elles ont trouvé leur identité acoustique. Un orchestre de cuivre au son électrique. La composition instrumentale du groupe est à l’origine de cette texture sonore si particulière.
Deux saxophones (Ginette Bergeron et Joane Hétu); une trompette (Claude Hamel); une base à pistons (Martine Leclercq); une guitare et une guitare basse électriques (Judith Grubër-Stitzer); un piano (Diane Labrosse) et une batterie (Danielle Roger).
LA MUSIQUE
Musique nymphonique et sauvage.  » C’est la tempête qu’on a dans le cœur qui sort dans nos compositions « , raconte Claude Hamel. Des compositions, elles en ont quatorze ou quinze.
A partir de novembre, elles travailleront à renouveler entièrement leur répertoire.
 » Nos chansons sont en quelques sortes des fables urbaines. Elles traduisent davantage un  » feeling  » d’époque qu’un lieu donné… plusieurs de nos pièces mettent en relief des personnages, très typés. D’autres représentes des situations « .
Féministe de naissance, selon l’expression de Ginette Bergeron, les filles de Wondeur Brass ont évacué de leur répertoire le ton militant et le langage doctrinaire. Question, entre autres, d’éviter toute récupération par les mouvements ou par les groupes, quels qu’ils soient.
Visant un public large, elles interpellent les consciences.  » On intellectualise notre musique. C’est une démarche. On reflète ce que le monde vit. On est conscientes de ce qui se passe dans la société et on voudrait procéder à un certain exorcisme. Une manière de conjurer le sort…  »
Une démarche idéologique qui s’incarne dans une musique qu’elles qualifient de  » parallèle « . Parallèle par sa conception et par sa réalisation. Puisque les filles, musiciennes autodidactes pour la plupart, composent collectivement suivant une technique pas toujours orthodoxe. Parallèle aussi dans le sens qu‘elles poursuivent leur activité musicale, leur emploi de libraire, d’épicière, de barmaid, de serveuses, de jardinière d’enfants ou de comédienne.
Femmes musiciennes dans un univers spécialisé qui reproduit rigoureusement les valeurs et les stéréotypes de la société, elles ont conquis chèrement leur reconnaissance auprès de leur collègue musiciens.  » Au début, il y avait une résistance. Les musiciens ne nus trouvaient pas assez  » tight « .. Ça ne nous a pas arrêtées. Maintenant, on est considérées comme des musiciennes. Ça aura pris un an, raconte Ginette bergeron.
Aujourd’hui, elles font parti de l’EMIM (l’Ensemble de Musique Improvisé de Montréal), qui regroupe les éléments les plus dynamiques et les plus délurés de la recherche musicale à Montréal.
AH, DES FILLES!!!
Un orchestre de filles! C’est généralement cette  » particularité  » qui saisit d’abord l’auditoire…les curieux, devrait-on dire. Le son pourtant original et souvent percutant, ne s’impose ordinairement qu’après coup. Quand Wondeur Brass débarque, on veut d’abord voir la bête. Après seulement, on écoute son cri. Dans le cercle macho des groupes rock notamment, l’émergence des femmes continue de surprendre. Une médaille à deux revers, qui sert et dessert à la fois les filles du Wondeur Brass.
 » On est conscientes de ce qu’on véhicule, commente Claude Hamel. Au début c’était essentiellement le symbole qui jouait. Devant des groupes de femmes, on avait pas fait quatre mesures que c’était déjà l’euphorie. Il y avait quand même un côté insultant là-dedans. Et puis ça s’est placé progressivement. On a réussi à dépasser le phénomène de  » curiosité « . De toute manière, ça se passe autrement pour nous. On est musiciennes et on joue. C’est ce qui compte. Et finalement c’est la musique qui s’impose.
Et puis, elles amènent un élément nouveau dans la fantasmatique des spectacles de musique :  » quand on joue, le public de filles peut se projeter dans notre  » band « . Ce qui ne pouvait se faire avant « . Elles sont conscientes aussi de générer un effet d’entraînement. Un autre groupe de sept filles, plus rock, émerge présentement à Montréal :  » Ma t’chum « .
Pour le reste, c’est peut-être le chemin de la gloire. Wondeur Brass termine sa tournée de promotion : Rivière du loup (21 octobre); Rimouski (le22); Matane (le 23); retour à Montréal, au Cargo et au Village (fin octobre et début novembre). L’hiver prochain, une pause. Le temps, vraisemblablement, de préparer un 33 tours. Puis l’Europe, en mai et en juin. En attendant, le hit  » Parano  » tourne déjà à la radio. Leson wondeur Brass!

Affiches et photos

 

 

 

 

 

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