Dossier de presse 1984

Vénus Urbano 1984
Guide Mont-Royal, mercredi 3 octobre 1984
Par Pierre Bourgoin

Vénus Urbano
Une fable urbaine

Dans la lignée des spectacles visuels et  » concepts « , un nouveau show-performance nous sera bientôt présenté : Vénus Urbano.
Crée au printemps dernier, ce spectacle arrive à Montréal après une tournée de plusieurs villes du Québec : St-Jean Port-Joli, Matane, Rimouski, Baie St-Paul, Tadoussac,…
Vénus Urbano met en vedette Claude Hamel et Guy Délisle. Chanteuse et trompettiste, Claude Hamel joue également du synthétiseur. Plusieurs se souviendront qu’elle fut membre (fondatrice et musicienne) du groupe Wondeur Brass pendant trois ans. Elle est l’auteure des paroles du présent spectacle où elle dans, chante, joue de la musique, bouge…
Cependant, elle se considère d’abord et avant tout comme une chanteuse-musicienne et non comme une  » performer « .
Quant à lui, Guy Délisle joue du saxophone, de la guitare, du synthétiseur et toutes les musiques du spectacle sont ses compositions.
Il a fait partie des groupes Altitude Jazz, Axis, Anonyme et les espions.
Vénus Urbano fait appel au visuel. Des diapositives sont projetées sur un écran de 8 pieds de hauteur sur 12 pieds de longueur. Elles donnent une autre dimension aux textes et à la musique. La réalisation du concept visuel est l’œuvre de Rénald Bellemare.
 » Certains shows sont très graphiques « , nous dit Claude Hamel.  » J’aime qualifier le nôtre de musique géographique, à cause de la densité humaine des pièces « .
D’une durée d’une heure, tantôt en anglais, tantôt en français ou en espagnol, Vénus Urbano raconte la vie citadine.  » C’est une succession de lieux, d’émotions, de pièces parfois cyniques, parfois pathétiques…une critique sociale.. où l’on nage dans la folie ou dans le plaisir…c’est une fable urbaine… « .
Le spectacle est composé de huit tableaux mêlant le visuel sur scène aux projections sur l’écran, la musique sur scène aux bandes sonores; passant du new-wave au blues, de la musique électronique au rapp, du rock à la poésie. On y retrouvera des thèmes tels : l’animal en chacun de nous, les rencontres de nuit dans les bars, la révolte contre la routine, le rêve quotidien…Ce dernier-né dans la nouvelle vague des shows-performance sera présenté
au bar Le Km Heure, les 17-18-24 et 25 octobre. Un autre spectacle est prévu à la Maison de la Culture du plateau Mont-Royal, le 20 novembre, dans le cadre de l’événement  » La vie dans la cité « .

 

Liaison Saint-Louis, Novembre 1984
Par Sylvain Gauthier

 » Vénus Urbano  » Un show sur la réalité urbaine
Il n’y a pas tellement longtemps, elle passait au Kilomètre/heure avec son show performance  » Vénus Urbano « . Si vous l’avez manqué sachez qu’elle repasse à
La Maison de la Culture du Plateau Mont-Royal le 20 novembre prochain.
Il s’agit de l’ex-membre fondatrice de Wondeur Bras, Claude Hamel. Chanteuse et trompettiste depuis quatre ans, Hamel joue aussi du synthétiseur depuis un an.
Et, détail intéressant, elle habite le Plateau depuis bientôt sept ans. Je l’ai rencontré afin d’en savoir plus sur son spectacle multidimensionnel.

L.S.L.: Que représente pour toi Vénus Urbano?
C.H.: C’est toute sorte de personnes. C’est aussi un homme, un côté sensuel face à un autre rationnel. Vénus, c’est aussi une planète, l’imaginaire, la liberté.. C’est un constat social d’époque.
L.S.L.: Dans un des tableaux du spectacle tu parles d’ordinateur, de robotisation. Qu’amène selon toi cette robotisation?
C.H.: Elle surcharge l’angoisse ambiante…Elle entraîne la dégradation des rapports humains puisqu’on sent moins les autres. De plus on s’éloigne de la nature, de nos racines.
L.S.L.: Les bars sont également un sujet important dans votre spectacle. Que représentent –ils pour toi?
C.H.: Un lavage de cerveau stéréotypé, un traitement choc à l’alcool. J’ai travaillé quatre ans dans les bars maintenant c’est fini.
L.S.L.: Est-ce un spectacle qui dénonce des choses, qui se veut un cri de révolte?
C.H.: Non! Ce n’est pas un cri de révolte. On constate, on ne dénonce pas. C’est un show actuel au niveau du fondement, ça reste un divertissement, mais ça n’est pas gratuit. On confronte les gens au sujet des bars, du travail, surtout quand je dis que nous vendons notre impuissance.
L.S.L: La multidimentionalité de votre spectacle, c’est-à-dire l’utilisation de diapositives, de la danse, de la chanson et d’un mélange de musique rock, new-wave et jazz, vise-t-il avant tout l’esthétique du show?
C.H.: Disons d’abord que la projection de diapositives sert à appuyer le texte, à imager ce que je dis. On est environnés d’image dans la rue, on travaille donc avec. Cet aspect visuel très présent dans le spectacle donne plus d’impact aux paroles, permet qu’elles passent plus. Pour ce qui est du côté multidimentionnel, il permet de toucher les gens à plusieurs niveaux et donne une ambiance où les émotions se bousculent.

 

Le Journal de Montréal, vendredi le 21 décembre 1984
Par André Bourgeois

Vénus Urbano, le réverbère de la bêtise humaine.
Benjamin de la show-performance, du théâtre musical lyrique, Vénus Urbano s’est fait le réverbère de la bêtise humaine. L’agent de constat à portée sociale dans cette ville de déja vus, de réprobation bien que très tolérant, dans ce bar où tout s’est déjà dit. Opérateur de tout l’appareillage synthétique qu’il harmonise soigneusement, aux couleurs toujours aussi manifestes des saxophones, trompettes et guitares, Vénus Urbano ne fait pas que chanter sur tout les toits que le monde est monde; il apporte surtout une réflexion intéressante.
Après St-Jean Port-Joli, Matane, Rimouski, Baie St-Paul et Québec, ce fut finalement au tour de Montréal. Histoire de voir du pays, de planifier ce spectacle crée au printemps dernier.  » Le temps aussi de s’installer confortablement dans notre musique « , comme ils le disent si bien,  » d’avoir cet effet de recul « .
Une sorte d’énergie renouvelée nécessaire à toute approche digne de ce nom.
Affaire d’états, Vénus Urbano se définit comme  » une succession de lieux, d’émotions, de pièces parfois cyniques parfois pathétiques, critiques et affirmations personnelles assurément « . Une fable urbaine en 9 tableaux, variation sur un thème,  » criblée d’intentions heureuses « . Concepteur, aussi de la musique géographique, une ribambelle de données sonores qui illustrent et cadrent bien les personnages entre les projections. Par ce qu’il ne faut pas oublier tout le tralala visuel, écrans, projecteurs et effet du dernier cri en fait de créativité.
Sous l’influence de Vénus
Ex-membre, fondatrice et P.R. de l’ensemble Wondeur Brass pendant près de trois ans, Claude Hamel poursuit maintenant l’apprentissage de  » nouvelles dimensions « . Des synthés, qu ‘elle découvre et perfectionne depuis déjà plusieurs mois, à la trompette, dont elle semble connaître toute la science, elle se distingue surtout par les belles qualités de sa voix.
Talent que l’artiste marie à son plaisir pour l’écriture; exercice qu’elle maîtrise d’ailleurs avec humour, sensibilité, d’où Vénus, et qui résument dans un langage universel les positions et vues de l’auteur.  » Il y a tant à dire confie-t-elle, tant à montrer.. tout s’explique si bien aujourd’hui que la parole a de plus en plus de force, d’image…tellement que l’on est d’ailleurs, intégré, en tant que musiciens à celle-ci « .
Complice de tous les instants, Guy Délisle contribue pour sa part au niveau de la composition des thèmes musicaux. Sa formation en jazz et classique se fait définitivement sentir, ajoutant une touche profonde tant à l’ensemble qu’à sa façon de manier la guitare, le sax, les synthés. Rénald Bellemare, photographe et virtuose de l’image, fait le lien entre la magie scénique du duo et la dimension sonore.
Emballée par les possibilités de la vidéo, le trio met actuellement la touche finale au scénario d’un clip tiré de la pièce  » Les conspirateurs collectifs « . Aboutissement normal qui vient se greffer à un nouveau spectacle, encore en chantier, et qui élaborera cette fois dans un contexte beaucoup plus large,  » Le tour du monde en 99 bombes « . À suivre…

 


Le Journal D’Outremont, Septembre 1984
Par Martin Smith

Claude  » Vénus Urbano  » Hamel : une candidate très, très spéciale.
La candidate du Parti Rhinocéros a fait sa première apparition dans la circonscription au cours d’une conférence de presse qui se tenait au cimetière Notre-Dame-des Neiges.
Les employés syndiqués du cimetière ont annoncé le dix août, qu’ils accordaient leur appui officiel aux candidats et candidates du Parti Rhinocéros. Une première dans l’histoire du parti!
Les syndiqués profitaient aussi de l’occasion pour annoncer qu’ils réservaient un emplacement au cimetière à l’intention de Cornélius 1er , le rhinocéros qui se trouve actuellement au zoo de San Diego, après avoir été l’inspiration no.1 des Rhinocéros de tout acabit alors qu’il vivait au zoo de Granby.
En contrepartie de cette offre alléchante, les employés du cimetière ont fait promettre aux membres du parti Rhinocéros présents qu’une fois élus, ils feraient du cimetière un principauté indépendante autogérée par ses locataires. Ce serait l’occasion ou jamais, à la grandeur de la planète, de voir une véritable majorité silencieuse prendre soin de ses affaires.
Claude Hamel était vêtue d’une combinaison tachetée imitant la peau d’un léopard, et d’un casque colonial coiffant le tout.
Ayant fait partie du groupe  » Wondeur Brass « , elle revenait tout juste d’une tournée provinciale avec son nouveau groupe : Vénus Urbano.
Elle se dit enchantée de pouvoir compter sur l’appui officiel des employés du cimetière Notre-Dame-des-Neiges car elle recueillera ainsi facilement les deux millions de votes des locataires silencieux de cette partie de sa circonscription. Claude Hamel a été parachutée dans Outremont, mais elle en est fière parce que ce compté est le seul au pays ou toute les principales adversaires d’une candidate du Parti Rhinocéros sont aussi des femmes.
 » Si je suis élue, je m’engage d’avance à partager le pouvoir avec mes adversaires féminines. Nous passerons chacune trois mois à Ottawa…évidemment, Mme Lucie Pépin aura les mois d’été ce qui lui permettra de porter des tenues légères et ainsi de mieux ressentir les claques de M.Turner « .
Son principal projet pour le compté est d’ériger une statue à Sainte-Anne, la soupape de sécurité, dans le parc St-Viateur.  » Des milliers de conducteurs passent chaque jour sur les dos d’âne dans Outremont…comment ne pas croire qu’Anne est la patronne de la sécurité dans ce comté?  »
Claude  » Vénus Urbano  » Hamel veut aussi instaurer l’enrôlement obligatoire des jeunes de 18 ans dans l’Armée du Rock’n’roll. Ces jeunes hommes et ces jeunes femmes passeront deux ans à apprendre un instrument de musique et à expérimenter tous les fantasmes qui leur passent par la tête.
 » Le sexe, la drogue et le rock’n’roll sont les trois principales ressources de notre pays.. il faut en tirer profit « , de dire la seule et unique Vénus Urbano.
La conférence de presse s’est terminée par une remarque cinglante du premier ministre désigné du parti Rhinocéros,  » François Yo Gourd « , à l’égard des autres candidates dans le comté. Il ne laisse en fait pas de choix aux électeurs et électrices d’Outremont quand il dit :  » Dans ce comté, le choix est clair : une Rhinocéros ou…trois perruches « .

Affiches et photos

 

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