Revue de presse Entrevues-télé-journeaux

 

Entrevue KMT Télé Martinique octobre 2015

 

Reportage ATV Martinique septembre 2015

à la 13 ième minute.

Journal France Antilles Martinique mai  2015

L’amicale des normaliens de Croix-Rivail et de Fort-de-Fance, l’association martiniquaise Paul-Gauguin, l’association pour la sauvegarde  »Assauve » de Saint-Pierre et le Club Soroptimist de Trinité/Saint-Pierre, rendront hommage à Maïotte Dauphite au Carbet, sous la présidence de Serge Letchimy et du maire du Carbet. Première femme enseignante à l’École Normale de Martinique, Maïotte Dauphite a co-fondé et dirrigé pendant près de 40 ans le musée consacré au peintre Paul Gauguin. Membre de longue date du Club Soroptimist de Trinité-Saint-Pierre, cette passionnée de l’histoire martiniqauise a oeuvré à la sauvegarde du patrimoine de Saint-Pierre et nottament au renouveau des vitraux de la cathédrale. Chaque association évoquera le souvenir de cette figue martiniquaise par des témoignages, poèmes, photos, contes, slam etc,. avec la participation de l’historienne Muriel Descas, de la conteuse canadienne Claude Hamel et de l’artiste Joby Barnabé. La matinée sera animée par Arlette Pacquit et l’animation musicale sera ssurée par Guy Louiset.

-Vendredi 8 mai à la Paillote du bourg au Carbet de 9h00 à 11h30.

France Antilles-Hommage à Maiotte Dauphite le 8 mai 2015

REPORTAGE Martinique Première oct. 2014

Journal France Antilles Festival Contes et musique dans la cité 9 ocotbre 2014

Journal France Antilles le 9 octobre 2015

Festival Contes et musique dans la cité Martinique 2014

Festival Les jours sont contés Québec 2013Porte Voix 2013 Mythes au logis-Isis

Porte Voix 2013

 

Festival La nuit des légendes de Leeds 2013

Festival de contes et l+®gendes 2013 5e +®dition copie

 

D+®pliant in festival 2013 5e +®dition copie

Jounal de Montréal, mercredi 3 février 1999
Par Paul Villeneuve
Auteure, compositeure, interprète et trompettiste, Mamz’elle Claude Hamel aime jazzer, blueser et swinguer.
Durant les années 80, l’artiste originaire de l’Abitibi a fait partie du  » girl big band  »
Les Wondeurs Brass. Au sein de cette formation, composée au départ de neuf filles,
Claude Hamel a fait de la tournée pendant cinq ans.
Au cours des dix années qui ont suivi, Mamz’elle Hamel qui a reçu une formation d’ingénieur du son à l’ONF, a travaillé à une quarantaine de productions au cinéma et à la télé, ici, en France et au Brésil. Depuis quelques années son amour du chant et de la trompette l’a incitée a faire un retour sur scène. Pendant deux ans elle a donné une cinquantaine de représentations de son spectacle-hommage à Plume Latraverse intitulé Le bal des Innocents, à Montréal et en province.
Demain et vendredi, l’artiste présentersa son tour de chant Ballroom 888, à 22h30, à La Petite Licorne.
En plus de présenter ses compositions à travers ce tour de chant , Claude Hamel interprète, à sa manière, des chansons de Claude Nougaro, Jacques Prévert, Billie Holiday et Plume Latraverse.
 » Ballroom 888, c’est un peu une invitation au bal. Après le Bal des Innocents, j’ai voulu reprendre le thème du bal. Le 888 provient du jeu Les Dés de la Destinée, dans lequel les trois dés marqués du chiffre 8 symbolisent l’extase. Bref, je cherche donc à atteindre l’extase. C’est tout simple « , souligne la chanteuse, amusée.
Les influences
De Nougaro, Claude Hamel dit aimer le talent avec lequel il réussit à faire swinguer le français. « C’est l’essence même de ce que je cherche à faire : interpréter des textes de qualité, mais qui swinguent. Pour Ballroom 888, j’ai aussi gardé des chansons de Plume que j’avais progressivement jazzées dans le Bal des Innocents « , souligne-t-elle.
De Plume, Mamz’elle Hamel, qui considère son écriture très vivante, interprète notamment Les Patineuses, qu’elle considère comme l’une des plus belles chansons d’amour.
 » Et Prévert, j’étais follement amoureuse de lui à l’âge de 20 ans « , lance-t-elle en riant.
Les Feuilles Mortes de zPrévert et Kosma d’ailleurs ont aussi droit à une version swing concoctée par Claude Hamel.
L’artiste considère que ses deux grandes influences musicales ont été Billie Holiday et Louis Amstrong. Elle aime les émotions vives de la chanteuse de blues et la joie de vivre du célèbre trompettiste de jazz.
 » Je navigue donc entre ces deux pôles-là « , conclut la chanteuse qui interprète onze de ses chansons dans son nouveau spectacle. Parmi elles, L’Apache au visage pâle (hommage à Jacques Prévert) et Bonjour Monsieur Gauguin (hommage à Paul Gauguin)

Saint-Jérome, L’annonceur, mercredi le 10 juillet 1996
Par Gaston Boucher

Claude Hamel, une interprète intimiste et communicatrice.
Encore une fois, sûrement à cause de son grand âge, M ère Nature a boudé le deuxième concert-Promenade qui mettait en vedette  » Mamz’elle Claude Hamel  » dans un récital consacré à des œuvres de Plume Latraverse.
Comme il fallait s’y attendre, ce deuxième concert a, une fois de plus, rempli la salle Antony-Lessard du Vieux Palais.

Accompagnée au piano et s’accompagnant elle-même à la trompette durant les interludes, Claude Hamel livre l’œuvre de Plume Latraverse avec une maîtrise étonnante et pour le moins convaincante. En même temps le public découvre une artiste très intimiste et communicatrice et un auteur musicien dont il était peut-être loin de soupçonner la profondeur et l’étendue de la poésie.
En ce qui concerne le public en général, Plume Latraverse est surtout connu et apprécié par ses le biais de certaines chansons  » brusques  » et quelque peu mordantes.
Le  » Bal des Innocents  » présenté dimanche soir par Claude Hamel nous a fait découvrir beaucoup d’autres volets de l’art du chansonnier québécois : un certain humour parfois grinçant mais souvent empreint d’une tendresse subite et combien valorisante.
Malgré des qualités indéniables, un récital de Claude Hamel n’a rien de huppé en ce sens qu’il va rejoindre sans artifices les auditeurs. D’ailleurs, les présentations de l’artiste, qui précèdent chacune des pièces sont marquées de cette simplicité que l’on pourrait qualifier d’intime… d’ailleurs très bien servie par la voix chaleureuse le l’interprète.
 » Le Bal des Innocents  » dirigée par  » Mamz’elle Claude Hamel « , un plus dans la série des Concerts-Promenade du présent Festival d’Été de la Rivière du Nord…
Dommage que la non-collaboration de la météo ait privé une grande partie de l’auditoire habituel des présentations extérieures, de cette agréable découverte…

 

Winipeg Free Press, sept 4-5-6-, 1986
By Frain Cory

Women’s Festival program exhausting
Day two of the third Canadian Women’s Festival struck an effective balance between seriousness and fun.
The highlight of yesterday’s full 14-hours schedule of activities and the festival’s grand finale was the “dance-paty” featuring out-of-town acts Demi-Monde and Bolero Lava.
Late morning, afternoon and early evenings workshops covered every thing from jigging to censorship. For some of the more than 350 who attended, it was a physically and mentally exhausting day. The panel discussion on censorship in particular proved this was not just another friendly gathering lesbiens and feminists.
Broad Cross-Section
The five-member panel featuring author Beatrice Culleton, activists Ruby Donner and Janet Hewsick, performance artist/poet Alethea Labofer and moderator Kris Purdy provoked many enlightening and a few ignominiuos responses from the large crowd.
Another workshop was entitled What is Women’s Music? It enlisted the opinions of Heather Bishop’s manager Joan Miller, Herisons writer Heidi Meunch, dub poet Ahdri Zhina Mandiela, Demi-Monde members Marion Lydebrook and Susan Sturman and moderator Pauline Russel.
No exact definitions were decided upon, but the personnal observations of industry veterans such as Millel, Mandiela and Lydebrook encouraged audience to raise many of good questions -both real and rhetorical.
In addition there were art video screenings, synthetiser, percussion and rhythm, workshops, poetry and prose readings and a Wendo (women’s self-defense) demonstration.
The songwriters workshop with Shirley Elkard, Claude Hamel and the members of Demi-Monde was a major succes. Elkhard, the festival star attraction and headliner fot Friday’s night concert, expertly involved everyone in the audience in the arrangements of a beautiful vocal ballad.
She return to M.C. the dance party that drew and exited an encouragingly large crowd of 400 to the Cultural Center’s main social hall. Although the cavernous room’s abysmal acoustics hampered its ensemble sound, Demi-Monde made good its promise to get everyone’s feet moving.
At press time, Vancouver’s Bolero Lava was preparing to follow the Toronto bnad to the stage.


Winipeg Free Press, Saturday, september 6,1986
By Frain Cory

Rewiew/Canadian Women’s Festival
Excitement, emotions run high at women’s festival
The federal government’s decision to give the lion’s share to Expo ’86 stunned the growth
–but not the spirit- of the Canadian Women’s Festival.
Exitement and emotions ran high last night as an overflow crowd of 300 gathered around an eclectic array of female artists in Salle Pauline Boutal in the Centre Culturel Franco Manitobain.
This is the third year for the festival and undoubtedly, anyone who attended the first two events was disapointed, if not surprised, to find how much smaller it was going to be. However, organizers have worked hard under ridiculous budget constraints to provide people with a unique and varied schedule of workshops and concerts.
Last night’s lineup included a local singer-artist, a Montreal-based multi-media artist, a Jamaican-born dub poet and rythmatist, a Toronto–based blues duo compromised of a guitarist ans a saxophonist, one of Canadian contemporary music’s most respected lyricists, and Alethea Lahofer.
Lahofer acted as a master of ceremonies and, once again, managed to defy descriptive terms of four words or less to make those interminable times between performers pass as if they weren’t there.
This was because she interrupted every moment of silence with her typically brash assertions on everything from seating arrangements to the prospect of her and Kris Purdy (the local sing-guitarist on the program) doing a Dolly Parton/Jonnny Cash-style duet together.
Lahofer wasn’t altogether serious for a second, although there was nothing laughable about the pieces she presented during stage set-ups and culled form her published books of poetry.
Multi-média artist Claude Hamel’s exhautive examination of 10 women’s lifestyles in a 50 –minutes presentation intitled Venus Urba effectively combined folk, funk, rap, jazz, modern dance and photo montage.
It was alternately frightening and fanciful, and managed to convey the concept of urbanized isolation and alienation as well as she no doubt hoped it would—
Purdy’s short and sweet set of tunes for elctric guitar and voice was 40 minutes of fun for everyone. Purdy proved she’s made great advances as a singer and songwriter in recent months.

Affiches et photos

 


photo : Luc Vallières

 

Le Guide Mont-Royal, mardi le 22 octobre 1996.
Par Julie Leduc

Mamz’elle Claude Hamel chante Plume Latraverse
Un spectacle tout en douceur!
Depuis le début du mois d’octobre on peut découvrir le visage caché de Plume Latraverse par le biais du tour de chant Le Bal des Innocents que présente Mamz’elle Claude Hamel au bistro Fauche Le Vent. Un spectacle inespéré et inattendu composé des chansons méconnues de l’artiste empreintes de poésie et de tendresse où il est question de l’enfance, de l’amitié et de l’amour.

 » Ce qu’il y a dans les chansons de plume c’est une sensibilité qui ressemble à la mienne, indique Claude Hamel.
Quand vient le temps d’exprimer l’essence même des Québécois, de nous dire dans ce que nous avons de meilleur et de pire, c’est dans l’œuvre de plume La traverse qu’il faut puiser « .
La chanteuse s’est manifestement bien approprié les textes de Plume qu’elle nous livre avec élégance de sa voix douce et chaude.
Pour ajouter à l’originalité de sa prestation, elle s’accompagne elle-même à la trompette.
Avec André Lépine au piano  » le seul pianiste à jouer du Plume comme du Debussy ! « ,
tous les éléments sont en place pour un dépaysement total dans cet univers inédit de Plume Latraverse. Celle qui a fait ses classes avec la formation féminine Les Wondeur Brass, dans les années ’80, a choisi de devenir interprète plutôt que de poursuivre son travail
d’auteur compositeur interprète :  » Écrire, composer et chanter, c’est un métier complexe et puis je n’avais pas assez de recul, pas assez d’expérience de vie où puiser, explique Mamz’elle Claude Hamel. J’ai donc décidé de me consacrer à l’interprétation de textes immortels, des perles de la chanson qui disent exactement ce que je cherche à exprimer…des véhicules construits, travaillés, fignolés et porteurs des émotions que je veux communiquer.  » Et avec ce tour de chant, elle réussit parfaitement à faire passer l’émotion en plus de nous faire découvrir la profondeur et la richesse insoupçonnées des textes de l’auteur musicien.
Quand le spectacle finit, on reste surpris et on aurait envie d’étirer le temps. Le temps de savourer les textes, le temps de saisir l’écho des paroles et le temps d’applaudir plus longuement.

Pour découvrir les plus belles chansons de Plume Latraverse avec Mamz’elle Claude Hamel, voix et trompette, Le bal des Innocents.–

http://eastman.quebec/wp-content/uploads/2015/12/trait-union-d%C3%A9cembre-2015.pdf

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Le Journal de Montréal, vendredi le 21 décembre 1984
Par André Bourgeois


Vénus Urbano, le réverbère de la bêtise humaine.
Benjamin de la show-performance, du théâtre musical lyrique, Vénus Urbano s’est fait le réverbère de la bêtise humaine. L’agent de constat à portée sociale dans cette ville de déja vus, de réprobation bien que très tolérant, dans ce bar où tout s’est déjà dit. Opérateur de tout l’appareillage synthétique qu’il harmonise soigneusement, aux couleurs toujours aussi manifestes des saxophones, trompettes et guitares, Vénus Urbano ne fait pas que chanter sur tout les toits que le monde est monde; il apporte surtout une réflexion intéressante.
Après St-Jean Port-Joli, Matane, Rimouski, Baie St-Paul et Québec, ce fut finalement au tour de Montréal. Histoire de voir du pays, de planifier ce spectacle crée au printemps dernier.  » Le temps aussi de s’installer confortablement dans notre musique « , comme ils le disent si bien,  » d’avoir cet effet de recul « .
Une sorte d’énergie renouvelée nécessaire à toute approche digne de ce nom.
Affaire d’états, Vénus Urbano se définit comme  » une succession de lieux, d’émotions, de pièces parfois cyniques parfois pathétiques, critiques et affirmations personnelles assurément « . Une fable urbaine en 9 tableaux, variation sur un thème,  » criblée d’intentions heureuses « . Concepteur, aussi de la musique géographique, une ribambelle de données sonores qui illustrent et cadrent bien les personnages entre les projections. Par ce qu’il ne faut pas oublier tout le tralala visuel, écrans, projecteurs et effet du dernier cri en fait de créativité.
Sous l’influence de Vénus
Ex-membre, fondatrice et P.R. de l’ensemble Wondeur Brass pendant près de trois ans, Claude Hamel poursuit maintenant l’apprentissage de  » nouvelles dimensions « . Des synthés, qu ‘elle découvre et perfectionne depuis déjà plusieurs mois, à la trompette, dont elle semble connaître toute la science, elle se distingue surtout par les belles qualités de sa voix.
Talent que l’artiste marie à son plaisir pour l’écriture; exercice qu’elle maîtrise d’ailleurs avec humour, sensibilité, d’où Vénus, et qui résument dans un langage universel les positions et vues de l’auteur.  » Il y a tant à dire confie-t-elle, tant à montrer.. tout s’explique si bien aujourd’hui que la parole a de plus en plus de force, d’image…tellement que l’on est d’ailleurs, intégré, en tant que musiciens à celle-ci « .
Complice de tous les instants, Guy Délisle contribue pour sa part au niveau de la composition des thèmes musicaux. Sa formation en jazz et classique se fait définitivement sentir, ajoutant une touche profonde tant à l’ensemble qu’à sa façon de manier la guitare, le sax, les synthés. Rénald Bellemare, photographe et virtuose de l’image, fait le lien entre la magie scénique du duo et la dimension sonore.
Emballée par les possibilités de la vidéo, le trio met actuellement la touche finale au scénario d’un clip tiré de la pièce  » Les conspirateurs collectifs « . Aboutissement normal qui vient se greffer à un nouveau spectacle, encore en chantier, et qui élaborera cette fois dans un contexte beaucoup plus large,  » Le tour du monde en 99 bombes « . À suivre…

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Vénus Urbano
Une fable urbaine

Dans la lignée des spectacles visuels et  » concepts « , un nouveau show-performance nous sera bientôt présenté : Vénus Urbano.
Crée au printemps dernier, ce spectacle arrive à Montréal après une tournée de plusieurs villes du Québec : St-Jean Port-Joli, Matane, Rimouski, Baie St-Paul, Tadoussac,…
Vénus Urbano met en vedette Claude Hamel et Guy Délisle. Chanteuse et trompettiste, Claude Hamel joue également du synthétiseur. Plusieurs se souviendront qu’elle fut membre (fondatrice et musicienne) du groupe Wondeur Brass pendant trois ans. Elle est l’auteure des paroles du présent spectacle où elle dans, chante, joue de la musique, bouge…
Cependant, elle se considère d’abord et avant tout comme une chanteuse-musicienne et non comme une  » performer « .
Quant à lui, Guy Délisle joue du saxophone, de la guitare, du synthétiseur et toutes les musiques du spectacle sont ses compositions.
Il a fait partie des groupes Altitude Jazz, Axis, Anonyme et les espions.
Vénus Urbano fait appel au visuel. Des diapositives sont projetées sur un écran de 8 pieds de hauteur sur 12 pieds de longueur. Elles donnent une autre dimension aux textes et à la musique. La réalisation du concept visuel est l’œuvre de Rénald Bellemare.
 » Certains shows sont très graphiques « , nous dit Claude Hamel.  » J’aime qualifier le nôtre de musique géographique, à cause de la densité humaine des pièces « .
D’une durée d’une heure, tantôt en anglais, tantôt en français ou en espagnol, Vénus Urbano raconte la vie citadine.  » C’est une succession de lieux, d’émotions, de pièces parfois cyniques, parfois pathétiques…une critique sociale.. où l’on nage dans la folie ou dans le plaisir…c’est une fable urbaine… « .
Le spectacle est composé de huit tableaux mêlant le visuel sur scène aux projections sur l’écran, la musique sur scène aux bandes sonores; passant du new-wave au blues, de la musique électronique au rapp, du rock à la poésie. On y retrouvera des thèmes tels : l’animal en chacun de nous, les rencontres de nuit dans les bars, la révolte contre la routine, le rêve quotidien…Ce dernier-né dans la nouvelle vague des shows-performance sera présenté
au bar Le Km Heure, les 17-18-24 et 25 octobre. Un autre spectacle est prévu à la Maison de la Culture du plateau Mont-Royal, le 20 novembre, dans le cadre de l’événement  » La vie dans la cité « .

Le Journal De Montréal, samedi 9 octobre 1982.
Par Manon Guilbert
WONDEUR BRASS : UN BIG BAND QUI SE FOUT DES CONVENTIONS


Sept filles, musiciennes. Des trompettes, des bassons, une batterie, une guitare basse, un piano. Le Wondeur Brass. Un nom qui fait sourire et une formation tout à fait inusitée qui s’amuse et tente d’amuser les autres, le public. Depuis deux ans, à neuf au départ, le Wondeur Brass a relevé le défi du  » Big Band  » pendant que les groupes traditionnels de rock’n’roll essaient de réduire au plus petit nombre leurs effectifs.
Obéissant à un mode de fonctionnement démocratique, reconnaissant les affinités de l’une ou de l’autre, elles ont décidé un beau jour de mettre au monde leur fantaisie créatrice.  » Sept filles, ensembles, racontent-elles, c’est sûrement comme sept gars ensemble. La seule différence c’est peur-être que nous y mettons plus d’émotions. Il y a celles qui sont plus difficiles à prendre mais aussi celles qui nous stimulent toutes « . C’est à l’occasion d’une fête bénéfice à laquelle participaient plusieurs groupes de musiciens que le Wondeur Brass original s’est formé.  » Nous jouions toutes dans différents orchestres. Nous avons décidés de faire un bout de chemin ensemble « .
 » Nous ne sommes pas une fanfare, de plus en plus nous allons vers le rock. Nous ne sommes pas pourtant un groupe rock conventionnel. Nous essayons beaucoup de choses. Pour nous C’est un aboutissement « . Au départ elles se sont attardées davantage à différentes interprétations. Petit à petit, elles ont eu l’envie de créer leur propre répertoire. Depuis un an, elles ne font que leurs pièces.  » On a délaissé le premier style pour exploiter davantage la batterie et la guitare électrique. Là, on est vraiment orientées vers une place à prendre « .
Autodidactes, elles ont out appris leurs instruments en jouant. La pianiste, Diane Labrosse fait exception.  » Je sais lire la musique, mais tout ce que j’ai appris se limite au classique « . Pour elles, le fait d’apprendre en jouant leur donne plus de liberté.  » Évidemment, nous savons éviter la confusion totale. C’est sûr tout le monde a le goût de jouer. Il faut tout de même se limiter. Mais on ne se fie jamais à des recettes établies.
Elles sont sept à respecter des engagements de spectacles, à répéter, à inventer. Des conflits d’horaires? Elles n’en ont pas vraiment, parce qu’elles tiennent à Wondeur Brass comme d’autres à leur petit verre de vin rouge au repas.  » Nous n’en vivons pas. Le groupe réussit à faire ses frais. Le travail parallèle, ce n’est pas si difficile. Si on faisait seulement notre petit travail quotidien, il nous manquerait quelque chose. Wondeur Brass c’est la création, le côté intellectuel abstrait. Ça fait un équilibre. Nous ne pourrions vivre uniquement dans l’un ou dans l’autre « .
Bien des gens les qualifient de  » flyées « , mais beaucoup d’autres apprécient que leur musique ne suivent pas les  » patterns « .  » On s’adresse à tout le monde. De plus en plus, les gens tentent de comprendre le jazz. Nous avons une histoire musicale de chansonniers et de rock’n’roll importé. C’est normal qu’on nous voit comme des marginales. Mais de plus en Nous préférons de beaucoup l’exploration « .plus il y aura de la place pour ce genre de musique « .

Dimanche-Matin, Montréal, 12 Septembre 1982
Wondeur Brass, Elles ont du coffre


Wondeur Brass, jeu de mots ou calembour, peu importe, trois volets trouvent le moyen de s’y insérer. D’abord la marque de fabrication d’un soutien-gorge, ensuite  » Wonder Woman  » et puis finalement  » brass  » pour la désignation d’une section de cuivre.
Or, à l’origine, voilà deux ans, Wondeur Brass était une section de cuivre composée de 9 membres féminins qui véhiculaient aussi certains clichés féministes dans le cadre d’une musicothérapie vaguement théâtrale. Maintenant l’aspect théâtral a été retranché en même temps que deux membres ne laissant plus place qu’à un groupe de sept musiciennes.
Voulant de moins en moins opérer dans la marginalité underground où elles baignaient voilà deux ans, le groupe s’est enfin doté d’un outil indispensable pour convaincre les foules de la pertinenece de leur efforts : un 45-tours. Vaguement nouvelle vague sur le plan musical, de la génération de  » Pied de Poule « , cette véritable création collective pleine d’imagination, de flash et de jamais-vu entend devenir une locomotive plutôt qu’un simple wagon où montent et descendent les initiés. Wondeur Brass appuiera cette volonté par sa présence au Zoo Bar dès le mois d’octobre.

Québec, Le Soleil, samedi 16 Octobre 1982
Par Pierre Boulet
Wondeur Brass : un son nymphonique et sauvage!


Elles sont sept musiciennes, déterminées et inventives. Wondeur Brass. Un nom cuivré comme la musique qu’elles font. Depuis deux ans, elles bûchent tranquillement leur place à Montréal. Et voici qu’elles débordent soudain partout au Québec. Elles arrivent avec un son nouveau. Forgé à partir d’un amalgame d’influences aussi diverses qu’originales. Quelque part entre le new wave, le jazz et la fanfare. Le son Wondeur Brass. Une musique nymphonique et sauvage, comme elles disent.
Un son nouveau, ça se reçoit comme du bonbon. Surtout quand on cannait la pâleur anémique qui colle au visage de la musique québécoise depuis quelques années. Un courant d’air frais dans une atmosphère tiède et normalisée. Un pont entre le  » hit  » commercial potentiel et la folie créatrice,
énergique et insoumise. Ce nouveau souffle nous arrive gravé dans les sillons d’un 45 tours. Le premier.
C’est d’ailleurs la tournée de promotion de cette ponte discographique qui nous a valu, mercredi, la visite du groupe.
Un seul spectacle-tout en punch et en délire- sur la scène du Shoeclack. Et une interview. Sur un coin de table au restaurant, entre deux étapes d’un blitz radiophonique apparemment fructueux, Ginette Bergeron (saxo ténor) et Claude Hamel (trompettiste) déballent deux années d’aventure. De démarche puisque c’en est une.
LA VIE DE QUARTIER
Toile de fond de départ : le plateau Mont-Royal, à Montréal. Une rencontre née du phénomène de la vie de quartier. Chacune de son côté, les filles travaillaient dans divers groupes, axés pur la plupart sur la musique et l’expression dramatique, avec un accent sur l’animation du quartier. Des noms qui nourrissent encore leur écho : l’Enfant-fort, le Pouet Pouet Band, l’Arcenson, Trois et Sept le numéro magique, et Mona Lisa Klaxon, venu de France.
Puis, à l’automne 1980, la Librairie des Femmes organise une fête bénéfice. Un lieu de rencontre, un prétexte, qui donnera naissance au Wondeur Brass première manière. Neuf femmes-presque un  » Big Band « – intégrant la musique et le théâtre. Depuis le groupe est passé à sept musiciennes et a délaissé l’intervention purement théâtrale.
En deux ans elles ont fignolé leur produit, passant du  » tout croche  » sympathique et tolérable à la tentation du raffinement professionnel. Le contenu du disque et la qualité-parfois inégale- du spectacle témoignent du chemin parcouru.
Aujourd’hui, elles ont trouvé leur identité acoustique. Un orchestre de cuivre au son électrique. La composition instrumentale du groupe est à l’origine de cette texture sonore si particulière.
Deux saxophones (Ginette Bergeron et Joane Hétu); une trompette (Claude Hamel); une base à pistons (Martine Leclercq); une guitare et une guitare basse électriques (Judith Grubër-Stitzer); un piano (Diane Labrosse) et une batterie (Danielle Roger).
LA MUSIQUE
Musique nymphonique et sauvage.  » C’est la tempête qu’on a dans le cœur qui sort dans nos compositions « , raconte Claude Hamel. Des compositions, elles en ont quatorze ou quinze.
A partir de novembre, elles travailleront à renouveler entièrement leur répertoire.
 » Nos chansons sont en quelques sortes des fables urbaines. Elles traduisent davantage un  » feeling  » d’époque qu’un lieu donné… plusieurs de nos pièces mettent en relief des personnages, très typés. D’autres représentes des situations « .
Féministe de naissance, selon l’expression de Ginette Bergeron, les filles de Wondeur Brass ont évacué de leur répertoire le ton militant et le langage doctrinaire. Question, entre autres, d’éviter toute récupération par les mouvements ou par les groupes, quels qu’ils soient.
Visant un public large, elles interpellent les consciences.  » On intellectualise notre musique. C’est une démarche. On reflète ce que le monde vit. On est conscientes de ce qui se passe dans la société et on voudrait procéder à un certain exorcisme. Une manière de conjurer le sort…  »
Une démarche idéologique qui s’incarne dans une musique qu’elles qualifient de  » parallèle « . Parallèle par sa conception et par sa réalisation. Puisque les filles, musiciennes autodidactes pour la plupart, composent collectivement suivant une technique pas toujours orthodoxe. Parallèle aussi dans le sens qu‘elles poursuivent leur activité musicale, leur emploi de libraire, d’épicière, de barmaid, de serveuses, de jardinière d’enfants ou de comédienne.
Femmes musiciennes dans un univers spécialisé qui reproduit rigoureusement les valeurs et les stéréotypes de la société, elles ont conquis chèrement leur reconnaissance auprès de leur collègue musiciens.  » Au début, il y avait une résistance. Les musiciens ne nus trouvaient pas assez  » tight « .. Ça ne nous a pas arrêtées. Maintenant, on est considérées comme des musiciennes. Ça aura pris un an, raconte Ginette bergeron.
Aujourd’hui, elles font parti de l’EMIM (l’Ensemble de Musique Improvisé de Montréal), qui regroupe les éléments les plus dynamiques et les plus délurés de la recherche musicale à Montréal.
AH, DES FILLES!!!
Un orchestre de filles! C’est généralement cette  » particularité  » qui saisit d’abord l’auditoire…les curieux, devrait-on dire. Le son pourtant original et souvent percutant, ne s’impose ordinairement qu’après coup. Quand Wondeur Brass débarque, on veut d’abord voir la bête. Après seulement, on écoute son cri. Dans le cercle macho des groupes rock notamment, l’émergence des femmes continue de surprendre. Une médaille à deux revers, qui sert et dessert à la fois les filles du Wondeur Brass.
 » On est conscientes de ce qu’on véhicule, commente Claude Hamel. Au début c’était essentiellement le symbole qui jouait. Devant des groupes de femmes, on avait pas fait quatre mesures que c’était déjà l’euphorie. Il y avait quand même un côté insultant là-dedans. Et puis ça s’est placé progressivement. On a réussi à dépasser le phénomène de  » curiosité « . De toute manière, ça se passe autrement pour nous. On est musiciennes et on joue. C’est ce qui compte. Et finalement c’est la musique qui s’impose.
Et puis, elles amènent un élément nouveau dans la fantasmatique des spectacles de musique :  » quand on joue, le public de filles peut se projeter dans notre  » band « . Ce qui ne pouvait se faire avant « . Elles sont conscientes aussi de générer un effet d’entraînement. Un autre groupe de sept filles, plus rock, émerge présentement à Montréal :  » Ma t’chum « .
Pour le reste, c’est peut-être le chemin de la gloire. Wondeur Brass termine sa tournée de promotion : Rivière du loup (21 octobre); Rimouski (le22); Matane (le 23); retour à Montréal, au Cargo et au Village (fin octobre et début novembre). L’hiver prochain, une pause. Le temps, vraisemblablement, de préparer un 33 tours. Puis l’Europe, en mai et en juin. En attendant, le hit  » Parano  » tourne déjà à la radio. Leson wondeur Brass!

La Vie en rose, septembre octobre novembre 1981
Par Hélène Pedneault
Plutôt être une rebelle qu’un robot
WONDEUR BRASS

La fête de la librairie des femmes, qui célébrait en octobre 80 son cinquième anniversaire, aura été l’occasion-prétexte pour les neuf femmes de la future Wondeur Brass de jouer sur la même scène, celle de la salle Polonaise.
Des femmes appartenant à différents groupes de musique, de théâtre déjà dissout ou en voie de l’être, prêtèrent main forte à cette fête bénéfice. Cette complicité d’un soir rendait évidente les convergences tant musicales qu’idéologiques et aiguisait l’envie de se regrouper d’une façon plus formelle.
Elle en eurent l’occasion au mois de novembre suivant à la salle Saint-Edouard pour une autre fête bénéfice. La formation telle que nous la connaissons aujourd’hui était née.
En décembre, elles créent un nouveau répertoire, écrivent leur propre musique. C’est également une période difficile : les différences (il y en a neuf) ressortent, les desseins ne sont pas clairs, l’équilibre reste encore à trouver.
En janvier elles font un démo avec  » L’Hôtel Central  » et Les Ailes d’Angèle  » et demandent une subvention au Ministère des Affaires Culturelles qui leur sera refusée. Mais cette demande de soumission les oblige à préciser leurs intentions et à se trouver un nom. Elles s’entendent sur deux points : fusionner théâtre et musique dans un même show et le nom de la Wondeur Brass remporte la  » palme de cuivre « .
Désormais le groupe se concentre sur ce nom et l’allure électrique, jazzée, qu ‘il leur prête. Être à la hauteur, abandonner le son fanfare, les valses, foncer, s’éclater, se risquer.
UNE MUSIQUE NOUVELLE
Elles jouent naturellement et d’une façon presque instinctive, ne s’occupant pas de règles et de l’éthique de la Sainte Musique, découvrant en jouant les possibilités de leurs instruments.
Le résultat est d’ailleurs étonnant. Leur musique tout en puisant dans la vitalité de la fanfare et la richesse du folklore, aborde les frontières du jazz. Une fois dépassé le stade de l’apprivoisement elles trouveront peut-être des choses qui, sur le plan musical, n’ont encore jamais été faites. Car leur pureté est une garantie de liberté. Et la liberté, en plus d’être une porte ouverte sur la création, n’est-elle pas l’essence même du jazz?
UNE SYMBOLE
L’engouement du public pour la Wondeur Brass (valable aussi pour Montréal Transport Limitée et autres manifestations du même genre) n’est pas surprenant. Les marginaux de toutes sortes, composant la majorité de ce public minoritaire, tarouvent enfin un écho. Publiquement et directement. Ca le fait de passer par des circuits parallèles (fêtes bénéfices etc.) élimine le sablage, le délayage, les compromis qui rendent les plus belles choses insignifiantes et insipides.
Dans le cas spécifique de la Wondeur Brass, le fait qu’il s’agisse de neuf femmes n’est pas étranger à leur réussite. S ‘il s’en trouve quelques-uns pour trouver la chose  » exotique  » et amusante, la majorité des femmes qui compose ce public y voient  » une symbole « . C’est là l’explication de cette chaleureuse complicité qui se dégage pendant leurs spectacles.
D’emblée elles annoncent leur volonté de détruire  » la systématique patriarcale  » et, pour ce faire, chantent-elles,  » leur égoïsme fondamental ne peut leur être fatal « . Des femmes,  » tannées d’être gênées « , décident de dire ce qui a rarement été dit, osent reprendre ce qu’on leur avait volé : leur langage, leur musique, leurs envies, leurs  » affaires « .
Et pour peu que leurs affaires soient aussi les vôtres, vous sentirez comme moi
à les entendre et à les voir, un grand soulagement.

La Presse, Montréal, samedi 30 mai 1981
Pierre Foglia Les  » girls in the band « .
-Allez donc dire d’un show qu’il est ordinaire, quand, autour de vous, les gens n’ont pas arrêté de crier bravo, extraordinaire, whâo et au boutte!…
Et allez donc dire d’un show donné par neuf filles qu’il est ordinaire, quand voue êtes un gars. Un gars pas plus macho qu’un autre, mais pas moins non plus.
Imaginez, neuf filles qui jouent des cuivres, trois saxophones, deux trompettes, un trombonne, une basse à piston, batterie et piano…d’où le nom du groupe, une belle trouvaille :
 » Le Wondeur Brass « .
Neuf filles, féministes, évidemment. Allez donc dire après cela que vous aimez mieux les gros nègres qui jouent de la trompette…Vous pouvez toujours le dire, mais je ne vous conseille pas de le crier trop fort pendant ou après le show que donne le Wondeur-Brass au bar des  » Clochards Célestes « .
Vous ne connaissez peut-être pas encore le  » Wondeur-Brass « , mais vous allez en entendre parler. Je ne suis pas inquiet là-dessus. Attendez un peu que la critique officielle s’en mêle…
Elle va vous en parler autant que de  » Montréal Transport Ltée « , et probablement dans les mêmes termes :  » Le spectacle de l’année, bravo, extraordinaire, whâo, au boutte! « … Et le public de suivre, bien sûr.
Il n’y a pas loin de la complicité à la complaisance. Si bien que cela en devient agaçant, si bien que lorsque je suis allé voir  » Montréal Transport « , ma réaction a été :  » Ce n’est pas si bon que ça!  » Si le public avait été moins à plat ventre, moins prêt à se rouler à terre, j’aurais probablement dit :  » Tiens, ce n’est pas mal… le côté fanfare de la rue Duluth est tannant, mais il y a de beaux moments de folie « .
Militante, la complaisance du public de  » Wondeur-Brass  » est encore plus fatigante. Si c’était neuf gars au lieu de neuf filles, je n’hésiterais pas une seconde, je dirais que des brass, c’est fait pour reluire, pour résonner, pas pour piailler, pas pour couiner. Je dirais que la batterie n’a pas plus d’imagination et de registre que le troisième tambour de l’orphéon de Côte-à-Pic, je dirais aussi que c’est le piano qui tient le mieux son beat, ce qui est tout de même original dans un orchestre de cuivre…
C’est ce que je dirais si c’était un orchestre de gars. Mais ce sont des filles…qu’est-ce que je suis censé dire? Que ce n’est pas si mauvais parce que ce sont des filles?… Le pire c’est qu’il y avait beaucoup de ça dans le délire du public :  » Aie, c’est bon POUR DES FILLES!  »
Ce serait sans doute plus intelligent de rappeler que ça fait pas longtemps que les filles ont accès à la musique. À la musique rock en particulier. Et à ce niveau culturel, politique si on le veut, le show de Wondeur-Brass est un événement subversif. Va pour la subversion, mais ce dont je parle en ce moment c’est la manière de la mettre en musique…
En musique et en paroles. Parce que  » Wondeur-Brass « , tout comme  » Montréal Transport  » occupent la scène en mêlant musique et théâtre. Ce qui fait capoter bien du monde, dont certains critiques, qui sont allés jusqu’à parler d’un  » nouveau genre de show « … C’est drôle, moi je trouverais ça plutôt rétro. Le genre était nouveau il y a exactement dix ans, quand le Grand Cirque Ordinaire jouait  » T’est pas tannée Jeanne D’arc  » et plus tard  » l’Opéra des pauvres « … je ne voudrais pas faire de peine à personne, mais à côté des productions du Grand Cirque, les deux shows dont je parle Aujourd’hui sont bien pâles…
Mais je reviens à mon propos du début. Comment dire d’un show qu’il est ordinaire, quand c’est le délire dans la salle? J’ai beau chercher, je ne vois qu’une façon de la dire : la scène montréalaise est si vide depuis quelques années que l’écho renvoi à l’infini le plaisir du premier toton qui part à rire.

 

Liaison St-Louis, Montréal, 6 Juin 1981 Par Denise Beaupré,
 » Anna Thème et Constance Urbaine « 
Les neuf femmes de Wondeur Brass sont entrées dans un territoire habituellement réservé en majorité aux hommes : la musique.
Elles y sont entrées, avec force mais sans violence, avec amour mais sans rapport de force ni séduction. Elles m’ont dit êtres désabusées mais heureuses et j’ai compris qu’il est devenu urgent pour les femmes de perdre les illusions entretenues par le modèle féminin traditionnel pour réapprendre quotidiennement à être femmes et heureuses.

Les Wondeur Brass ont déjà présenté  » Anna Thème et Constance Urbaine  » au mois de mai à la Polonaise, au Café Campus et aux Clochards Célestes et elles se présenteront les 8 et 9 juin dans le cadre de l’événement Cabaret Éphémère organisé par Montréal Transport Ltée à la Polonaise. Elles y joueront d’ailleurs les trois premières semaines de juin. Wondeur Brass présentera également  » Anna Thème et Constance Urbaine  » le 24 juin au parc Champlain (en dessous du Pont Jacques Cartier).Il s’agit, transposé en musique et en théâtre, d’un collage de situations vécues par des femmes et qui évoque certaines agressions mais surtout qui fabrique une imagerie poétique de la vie quotidienne des femmes.  » Nous sommes des bêtes sauvages que rien n’intéressent « . Elles font de la musique de reptiles.  » Mon corps érotisé par le métal « . Elles font de la musique de ville. Elles sont toutes des femmes du Parc Belmont, la femme cracheuse de feu, la femme liseuse de bonne aventure, la femme à barbe, la femme acrobate, la femme coupée en deux. « J’aime mieux être une rebelle que d’être un robot « . Elles vivent au féminin la dualité du jour et de la nuit, de la ville et du sidéral, de l’animalité et du culturel, des hommes et des femmes. Elles savent pourtant qu’il y a des mots qui n’ont pas cette dualité, des mots jamais employés au masculin et qui sont autant de préjugé vis-à-vis les femmes : hystérique, nymphomane. Elles savent aussi que le public qui les voit se demande si elles sont lesbiennes. Parce que là aussi il y a le préjugé des femmes rivales entre elles et que lorsque s’embrassent et se touchent le cliché dit que ce sont des lesbiennes.
Mais là faut pas entrer dans le jeu des étiquettes sexuelles : c’est au public à se défaire de ses préjugés et cesser de voir la sexualité comme un énigme aux réponses toutes faites d’avance. Les Wondeur Brass ne parlent pas des hommes dans leur spectacle, non pas qu’elles veuillent les ignorer ou les exclure, mais simplement elles ont autre chose à dire sur ce qu’elles vivent. Et ce qu’elles vivent est leur autonomie de femmes et de musiciennes engagées dans la création pour inventer un langage et une musique de femmes, des lieux de l’imagination où
les femmes s’amusent et refusent d’entrer dans les images stéréotypées de la femme fatale, de la femme jalouse ou de la femme soumise. Il y a tellement d’autres dimensions à la féminité qu’il s’agit de découvrir en se débarrassant des peurs et de la culpabilité de ne pas être normale. Voir les Wondeur Brass sur scène impose, par cette recherche du plaisir d’être femmes, l ‘éveil d’une conscience du corps et de l’imaginaire qui l’habite. Elles sensibilisent par leur présence, avec humour et joie, sans se donner un rôle d ‘éduquer qui que ce soit.

Voir des femmes jouer du saxophone et de la batterie brise les conventions de l’érotisme phallique attribué à ces instruments et la gestualité féminine crée un nouvel érotisme en musique.
Les Wondeur Brass introduisent le corps des femmes dans la musique et leur vécu devient matière à création. D’être un groupe de femmes leur donne une approche en musique différente de celle d’un groupe d’hommes, et un résultat différent aussi. Elles disent que leur travail ensemble est plus émotif, qu’il y a une tension  » dynamique  » qui fait que même si leurs discussions amènent des contradictions cela débouche à une entente et les fait avancer. Elles travaillent ensemble depuis novembre, sont toutes des voisines, écrivent la musique et les textes en collectif ou prenne la toune de quelqu’une et font les arrangements ensemble. Ce sont des amies femmes qui travaillent à la mise en scène, au son et à l’éclairage. Elle ont changé le mot  » attends  » symbole de la censure camouflé sous des airs de prudence, par les mots  » à temps  » pleins d’aventure et de liberté.  » Allons nous perdre ailleurs, en flèche conmme des chevalles cavallantes « .

Le devoir, lundi 22 juin 1981, Arts et spectacles
Par Nathalie Pétrowski


Wondeur Brass, Attention les gars, elles ne plaisantent pas.

L’autre soir au Club Montréal, on présentait à grand renfort de publicité le groupe Girlschool, qui ont décidé après plusieurs siècles d’asservissement de s’adonner à la musique rock et d’adopter, pour le faire, la ligne dure du métal. Il n’y avait pas foule mais il y avait suffisamment de décibels pour réchauffer l’atmosphère et donner raison à ces quatre filles dans le vent qui militent avec leur guitare. Quelque chose cependant clochait dans le tableau. Dans le vacarme infernal du métal hurlant, les filles empruntaient des poses viriles et agressives, se prenant au jeu de domination de leurs oppresseurs. Parrainées par la compagnie de disque Warner Bros,. elles ne faisaient au bout du compte que récupérer la conscience féministe sans un instant chercher à transcender leur propre sensibilité.
A quelques coins de rue plus loin, au Transit, Wondeur Brass offrait une autre version des choses. Ce collectif de neuf musiciennes, issues de groupes comme Arcenson, Fanfarlouche et Mona Lisa, qui prétendent avoir le corps érotisé par le métal, est en quelque sorte la suite féminine de Montréal Transport. Les bébés de la rue Duluth insolite continuent à fleurir :
dans le désert post-électoral, la marginalité bohémienne semble être la seule avenue possible pour le renouveau de l’imagination locale.
Juchées sur des caisses de bois, les lèvres collées aux parois de cuivres jaunes sur lesquels on a oublié de passer le Pledge, Wondeur brass joue au féminin. Attention les gars, elles ne plaisantent pas! Au départ, on ne sait pas trop comment les aborder. Devant leurs faces de carême que pas le moindre sourire ne vient perturber, on se demande si on est invité au party ou pas. Leur paranoïa extrême, leur sentiment tragique de la vie, leur manque d’humour, leurs airs éplorés, leurs grandes déclarations philosophiques sur le monde qui court à sa perte et sur les restaurants grecs qui polluent la rue Duluth n’aident pas toujours à avaler la pilule. Leur musique de cirque maganée fait penser à du sous-Carla Bley dont elles auraient égaré les partitions musicales dans la machine à laver.
Subversives, elles le sont finalement malgré elle. Car dans le brouillon de leur interprétation, elles nous offrent un exercice de sabotage de la musique dite classique et conventionnelle. Leur absence de technique  » patriarcale  » vient confirmer les préjugés que nous pouvons entretenir à l’endroit de ce que la musique doit être ou ne doit pas être. Il est vrai que sous le désordre musical d’une Carla Bley se cache une compositrice qui sait ce qu’elle fait et ce qu’elle veut. Devant elle, 10 musiciens viriles et virtuoses travaillent dur à pousser la musique jusqu’au bout d’elle-même. Les filles de Wondeur Brass opèrent dans une ligne différente. Elles n’ont pas d’hommes à leur disposition et n’en veulent surtout pas. Elles préfèrent pratiquer la guérilla, jouer tout croche mais jouer à fond en s’inventant des airs et des délires du Parc Belmont
Leur démarche n’est pas au point; on sent vite que leur expérience de la scène est limitée. Elles sont encore mal à l’aise, gênées et gênantes. On aurait envie un instant qu’elles descendent un peu de leur nuage noir d’amazones rancunières, qu’elles soient moins éthérées et cérébro-vaginales, plus humaines, plus présentes, qu’elles laissent dépasser un peu de leur âme, pour rire ou pour crier.
Elles ont le temps même si certains allumeurs de rumeurs et de réverbères ont déjà réglé leur cas. Leur évolution ne manquera pas d’être intéressante. Il leur faudra choisir entre le militantisme dur et la communication plus douce, entre le désordre musical et l’anarchie contrôlée, entre la scène et le sauna. Pire encore, il leur faudra continuer et nous prouver qu’elles ne plaisantent pas.